Le Paris du rire

« Le rire est le propre de l’homme » écrivait Rabelais: et de fait, qui n’a pas le souvenir d’un fou rire à s’en froisser les côtes ? En avant pour une balade où le rire est mis à l’honneur : nous suivrons les traces de grands comiques comme Molière, Coluche, Desproges… Promis, la bonne humeur sera toujours au rendez-vous !

 

Station de départ : Station n°4013 Vieille du Temple – Francs Bourgeois

Station d’arrivée : Station n°8012 Batignolles – Place de Clichy

Distance parcourue : env. 5,5 km

Durée de la balade : env. 2 h – Préparez vos mollets, la balade est en montée douce mais continue à partir du Théâtre des Variétés. Ce parcours en ville emprunte des voies partagées avec les bus et les taxis, évitez donc les heures de pointe !

Après avoir récupéré votre Vélib’ à la station N° 4013, prenez la rue Vieille du Temple, puis la deuxième à droite, rue Sainte-Croix de la Bretonnerie. Arrêtez-vous au n°7.

 

Le Point Virgule, une référence du stand-up

Bienvenue au Point Virgule ! Ce petit théâtre de 115 places, ouvert en 1975, a abrité les débuts des plus grands : Jean-Marie Bigard, Pierre Palmade, Élie Kakou, Michel Muller, Mustapha El Atrassi, Virginie Lemoine… Auparavant ancienne menuiserie, cette salle de spectacles est créée par de jeunes comédiens (Gérard Lanvin, Anémone et Martin Lamotte… rien que ça !) et s’appelait « La Veuve Pichard ».  Observez les têtes d’affiche : le Point Virgule est spécialisé aujourd’hui dans l’humour et le one-man show. En 2007, le théâtre est racheté par Bobino, qui ouvre aussi le Grand Point Virgule rive gauche, rue de l’arrivée à Montparnasse.

© L’entrée du théâtre du Point Virgule de nuit. Creative Commons Attribution 2.5

 

Reprenez votre vélo, quasiment en face de vous et du théâtre, remontez la rue des Guillemites, puis à gauche, la rue des Blancs-Manteaux. Tout au bout, tournez à gauche, rue du Temple. Vous trouverez au 41 l’entrée vers la cour intérieure qui cache le Café de la Gare.

 

Le Café de la Gare ou l’originalité comme fer de lance pour les comédiens et humoristes 

© Devora Resnick sur Flickr

 

Le Café de la Gare était initialement situé rive gauche à Montparnasse : l’inverse du Point Virgule ! Construit au sein d’une ancienne usine de ventilateurs dans une impasse du 14e arrondissement, il déménage rive droite en avril 1972… Ce n’est pas pour ravir ses fondateurs : le Marais était alors pauvre et avait mauvaise réputation ! On compte, parmi les neuf fondateurs, de véritables légendes : Romain Bouteille avec sa compagne Catherine Mitry et Coluche avec Miou-Miou. Le couple Dewaere et Sotha puis Jean-Michel Haas, Henri Guybet et Gérard Lefèvre rejoignent ensuite la troupe.

Les débuts y sont modestes : une roue de loterie à l’entrée sert à fixer le prix et l’improvisation est au cœur de chaque sketch. Aujourd’hui, Philippe Manesse et Sotha sont aux commandes.

En sortant du café, continuez à descendre la rue du Temple, puis prenez la première à droite, la rue Saint-Merri. Suivez–la jusqu’à la quatrième à gauche, rue Quincampoix où vous tournez, puis encore à droite rue de la Reynie. Tout au bout, tournez à droite rue des Halles pour rejoindre la rue Saint-Honoré, puis prenez la suivante à droite, rue du Pont-Neuf qui devient rue Berger. Continuez tout droit puis tournez à droite, au niveau de la Bourse du Commerce – Musée Pinault, rue Sauval et à gauche pour arriver à l’entrée du musée Pinault. Traversez en étant particulièrement vigilant.e vis-à-vis des piétons et des autres usagers, prenez tout droit rue du Colonel Driant en traversant la rue du Louvre. Continuez, prenez la deuxième à gauche rue Croix des Petits-Champs. Arrêtez-vous devant l’entrée de la Galerie Véro-Dodat. Il s’agissait auparavant des locaux du journal satirique illustré, Le Charivari ! Reprenez la rue Croix des Petits-Champs pour prendre la deuxième à gauche, la bande cyclable à contre-sens de la rue Saint Honoré. Vous arrivez place Colette. Mettez pied à terre.

 

Célébrez Molière à la Comédie Française

Le saviez-vous ? La Comédie Française est une institution vieille de trois siècles, rassemblant une troupe fixe de comédiens. En 1680, trois troupes de théâtres rivales, dont celle de Molière, sont fusionnées en une seule : les 27 comédien.ne.s composant la troupe sont choisi.e.s par le Roi lui-même ! Les artistes vivent d’abord des bénéfices de la recette puis, dès 1682, d’une pension. Cette sécurité de l’emploi dépend, en revanche, d’un assujettissement à la volonté du Roi et de la Chambre : au sein de la Comédie Française, on est forcé.e.s de jongler entre l’autorité et la liberté.

Cet exercice périlleux, Molière s’y prête avec brio. Certaines de ses œuvres, comme L’École des Femmes ou Le Tartuffe sont très critiquées, voire interdites par le Roi. Pour autant, le souverain deviendra parrain du premier enfant de Molière, preuve de la profondeur de leur relation.

La force de Molière est de créer des personnages complexes, à la fois ridicules et bons, en somme des personnages non figés, donc réalistes ! Il démontre ainsi que la comédie est plus qu’un genre mineur et questionne des notions clefs de société. Après la Révolution, la Comédie Française tombera sous la tutelle de l’Empire et Napoléon s’en fait alors le protecteur. Désormais, la Comédie doit se tourner vers des tragédies plus en vogue…

Passez à pied dans le Palais Royal dont l’entrée est à droite de la Comédie-Française. Admirez la vue sur le théâtre depuis les Colonnes de Buren, puis ressortez par les grilles du Conseil Constitutionnel. Rue de Montpensier, enfourchez votre vélo et arrêtez-vous au Théâtre du Palais-Royal. Tenue par Madame de Montansier, le théâtre proposait des opéras-comiques et des comédies sous Louis XVI et Bonaparte ! Prenez à droite puis directement sur votre gauche, la rue Vivienne. Tout au bout, tournez à droite sur le boulevard Montmartre. Arrêtez-vous sur le trottoir.

 

Le Musée Grévin et ses humoristes de cire : place à la légèreté !

Au tour des humoristes de se retrouver croqués : admirez Kad Merad, Omar Sy ou encore Louis de Funès statufiés en cire. Avant que ce fameux musée ne soit créé, le théâtre Grévin, juste à côté, proposait pour la bourgeoisie un théâtre de divertissement. C’était alors une action en rupture avec le décret de Napoléon qui privilégiait les tragédies néo-classiques… Les pièces tendaient vers un triptyque comprenant mari, femme, amant mais avec un dénouement toujours heureux ! Bons mots, malentendus et quiproquos étaient bien évidemment au rendez-vous.

Continuez sur le boulevard et au prochain feu, traversez-le à pied pour continuer à vélo rue du Faubourg Montmartre. Suivez toujours cette rue (qui devient Notre-Dame-de-Lorette), jusqu’au 10 rue Pierre Fontaine.

© Fabrice Luccini, Bernard Lacotte sur Flickr

 

Le théâtre Pierre Fontaine, ancien cimetière ?

Et oui, avant de devenir ce lieu emblématique de la comédie parisienne, le lieu fut tour à tour cimetière et manufacture de plomberie ! En 1930, Léon Volterra y monte un cabaret dénommé El Garron puis La Boîte à Matelots, où des jazzmen célèbres comme Joseph et Django Reinhart se produisent. En 1933, il devient le Chantilly et est, pendant la Seconde Guerre mondiale, un lieu de contrebande où l’on vend jambons et autres denrées alimentaires.

En 1951, André Puglia reprend le lieu et le transforme en théâtre de 400 places. Le premier spectacle, musical et loufoque, est Popocatelplet, fantaisie volcanique joué par le jeune Louis de Funès : le succès est tel que la salle s’agrandit pour passer à 630 places. Jean Poiret et Michel Serrault, avec Sacré Léonard, confirment la renommée du théâtre puis la troupe du Splendid présente la pièce Amours, Coquillages et Crustacés, qui inspirera Les Bronzés et ses deux suites. Le théâtre abritera ensuite Le roi des cons de Wolinksi, Le clan des veuves de Ginette Garcin ainsi qu’Au secours… tout va bien des Inconnus.

Pas très loin, une autre adresse nous fait aujourd’hui découvrir des one-man shows étonnants ! Continuez rue Pierre Fontaine, puis prenez à gauche la rue de Douai. Arrivé au bout du boulevard de Clichy, traversez à pied la piste cyclable montante et le trottoir sur le terre-plein central. Prenez, de l’autre côté de ce terre-plein, la piste cyclable descendante. Au prochain feu, traversez à pied le boulevard puis l’avenue de Clichy. Prenez la rue Biot sur votre droite : vous voici devant L’Européen.

 

L’Européen, une école-théâtre toujours à la pointe de l’humour

Admirez les œuvres de street-art qui recouvrent la façade, donnant d’emblée un côté moderne au théâtre. Ce dernier abrite aussi l’école Hourdé qui prépare aux métiers de la scénographie, décoration, muséographie… La salle ouvre en 1872 et propose des cabarets avec revues, concerts et opérettes : Edith Piaf et Tino Rossi sont passés par l’Européen !

En 1987, le théâtre échappe à la destruction (et à un remplacement par un  parking !) grâce à Anne et Philippe Hourdé qui y agrandissent leur école. Repris par Vincent Ydé, l’Européen propose 340 représentations par an où les humoristes sont en tête d’affiche. La forme de la salle est parfaite pour le stand-up : l’humoriste se retrouve “dans l’arène” et les spectateurs participent directement au show !

Revenez sur le boulevard de Clichy, traversez en restant vigilant.e. Vous trouverez la station Vélib’ n°8012 Batignolles – Place de Clichy sur la droite, entre les arbres du terre-plein central. Et si l’envie de rire vous prend après cette balade, retrouvez ici nos conseils sur les meilleures scènes où découvrir du stand-up à Paris.

 

 

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