La Défense, galerie d’art à ciel ouvert

Véritable fourmilière humaine aux mille visages, célèbre entre autres, pour ses fameux gratte-ciels, La Défense nous fascine par son caractère cosmopolite ! Mais saviez-vous que le quartier d’affaires le plus connu de la capitale est également une galerie d’art à ciel ouvert ?  Suivez-nous pour (re)découvrir 5 de nos chefs-d’œuvre préférés : ça sera bien la première fois où l’on ne vous reprochera pas de visiter un musée à vélo !

 

 

Départ : Station n°92007 Pesaro – Préfecture

Arrivée : Station n°22008 Charles de Gaulle – Graviers

Distance parcourue : environ 4 km

Temps de la balade : environ 1h15 – pas de dénivelé particulier en dehors de l’arrivée sur la dalle de la Défense

Prenez la piste cyclable du boulevard de Pesaro pour vous diriger vers la Grande Arche. Elle vous semble immense ? C’est normal, Notre-Dame en entier pourrait s’y glisser ! Au bout du boulevard, continuez sur l’esplanade Arena en passant devant. En longeant sur votre gauche La Jetée (le ponton), continuez sur la Promenade de l’Arche et montez ensuite vers le quartier Valmy et l’immeuble Spaces – La Défense.

 

 

Sens dessus-dessous avec La voiture sur le lampadaire

©Jscariot sur Wikicommons – La voiture sur le lampadaire – Benedetto Bufalino

 

Prêt.e.s à découvrir la première œuvre de notre musée à ciel ouvert ? Difficile de la louper… non, vous ne rêvez pas, c’est bien une Peugeot 406 blanche que vous voyez renversée sur un lampadaire ! Juchée à quatre mètres de haut, elle illumine le quartier la nuit et distrait les passants, étrange rêve éveillé dans ce quartier si minéral. Objet du quotidien détourné dans un quartier où le sérieux et le professionnalisme font loi, cette œuvre est en réalité un clin d’œil à une des spécificités de La Défense : un espace dédié exclusivement aux piétons et aux mobilités douces. Les voitures en sont absentes, sauf dans les parkings sous nos pieds, le monde est ici représenté « sens dessus-dessous » ! Cette œuvre traduit l’engagement écologique de l’artiste Benedetto Bufalino, fervent cycliste et dont les paroles sont sans appel « Je suis contre la voiture, il faut arrêter cette pollution ».

La voiture sur le lampadaire a été réalisée pour la deuxième édition des Extatiques, en 2019. Mais qu’est-ce que c’est les Extatiques ? Il s’agit d’une exposition d’art contemporain annuelle créée pour les 60 ans de La Défense en 2018 ! Depuis, chaque année, une nouvelle édition met l’art à l’honneur.

Suivez la ligne verte au sol, destinée aux cyclistes, pour faire le tour de la Grande Arche par la droite. Vous arrivez au parvis de l’Arche de La Défense (côté Paris, façade est). Vous trouverez sur votre droite un grand escalier décoré de carreaux colorés qui mène vers le Dôme. Il s’agit de l’Escalier de Piotr Kowalski ! Admirez ses faïences bigarrées et filez dans la direction opposée de l’Escalier, sur la gauche du CNIT, vers le pouce géant, situé place Carpeaux.

 

High one avec le Pouce de César

©Shadowgate sur flickr – Le Pouce, César

 

Qui aurait pu imaginer qu’une des plus petites parties du corps puisse atteindre 12 mètres de haut et peser 18 tonnes ? A l’occasion d’une exposition sur le thème de la main, l’artiste César Baldaccini, dit César, a utilisé son propre pouce pour réaliser une série de sculptures, de tailles plus ou moins différentes. L’exemplaire devant lequel vous vous trouvez, bien qu’étant la version la plus monumentale réalisée, peut aussi être admiré ailleurs dans le monde, comme à Séoul, Washington ou encore Coblence, pour n’en citer que quelques exemples !

Le symbolisme de l’œuvre est ici d’autant plus fort, car si la référence aux métiers manuels au sein du quartier des affaires peut étonner, son côté aussi imposant, fier, dressé vers le ciel, et peut-être un poil vaniteux, nous renvoie à notre propre narcissisme. Signe de validation dans notre monde actuel, accolé au nom de l’artiste, il nous rappelle aussi le droit de vie ou de mort qu’il représentait sous l’Empire romain. Serait-ce alors un encouragement ou bien un avertissement à ceux qui déambulent dans la fourmilière qu’est La Défense ?

Provocante pour certains, impénétrable pour d’autres, cette œuvre interroge toujours et ce, pour le plaisir des promeneurs.

Suivez la ligne verte au sol derrière le Pouce qui vous mène quelques mètres plus loin devant les barrières d’une sortie voiture et vélo. Passez la barrière vélo. Vous descendez alors la piste cyclable bidirectionnelle en direction du boulevard circulaire. Continuez sur cette piste cyclable jusqu’à arriver face au n°10 sur la N13. La fresque verdoyante de La Famille cycliste se dévoile à vos yeux !

 

 

Comme un air de jungle urbaine : La Famille cycliste

©Paris la Défense – La famille cycliste de Catherine Feff 

 

Si vous réalisez cette balade avec vos enfants, vous vous retrouverez sans doute dans cette scène à l’univers bucolique… L’artiste Catherine Feff s’est inspirée de ses proches (son fils et un de ses plus proches amis) pour la réaliser ! Peinte en 2007, on peut dire que cette création fut de bon augure pour les amateurs et amatrices du biclou : les vélos étaient auparavant interdits sur la dalle de La Défense. Entrés en grâce en 2015 avec le projet « Love Story sur le parvis » visant à sensibiliser au respect entre usagers, les vélos sont peu à peu revenus en force au pied des tours. L’avènement de la petite reine ces dernières années a conduit à la construction en 2020 de la piste cyclable où vous vous trouvez, scellant la cohabitation entre piétons et cyclistes.

Continuez sur la piste cyclable. Prenez la prochaine à droite, avenue Albert Gleizes mais restez bien sur la piste. Traversez la rue Henri Regnault. Juste en face, au pied de la tour Total, une rampe d’accès vélo et piétons vous ramène sur la dalle de La Défense. Passez la barrière vélo pour prendre cette rampe. Suivez ensuite la ligne verte qui vous mène à la rampe à droite des escaliers. Vous passez sous l’immeuble et arrivez directement au niveau d’une très grande sculpture de métal rouge… Arachnophobes, ne vous enfuyez pas tout de suite !

 

 

Serrer la main, pardon la patte, de l’Araignée Rouge !

©Philippe L PhotoGraphy sur flickr – l’Araignée de Calder

 

Alexander Calder vous fera presque aimer cette célèbre fileuse (presque) ! L’Araignée Rouge est l’une des figures d’art emblématiques de La Défense. Construite par des ouvriers et des ingénieurs, faite d’acier peint en rouge, elle mesure 15 mètres de haut pour 75 tonnes… Un escalier a même dû être déplacé pour que notre arachnide préféré puisse voir le jour, modifiant ainsi définitivement la physionomie du parvis depuis 1976. Si vous êtes un globe-trotter, L’Araignée Rouge vous rappellera sûrement Chicago, où son Flamingo, une œuvre similaire de Calder, s’y cache aussi. Pour les plus chauvins, son style nous fait aussi penser à une célèbre Dame de fer qui domine le ciel de la capitale…

A ceux qui disent « Araignée du matin, chagrin » nous lui préférons l’entrain ! et n’oublions pas « araignée du soir, espoir ! ». Bref, pas besoin d’avoir une bonne raison pour venir la saluer quelle que soit l’heure de la journée.

Prenez à gauche puis à droite, derrière la fontaine. Vous trouverez sur votre gauche une sculpture du XIXème siècle présentant une femme en habit militaire accompagnée d’un soldat. Il s’agit de La Défense de Paris.

 

 

Au cœur de La Défense, au cœur du musée

©Steve Collis sur flickr – La Défense de Paris de Louis-Ernest Barrias

 

Nous clôturons cette balade par la pièce maîtresse de notre exposition à ciel ouvert, au cœur même du quartier : la statue La Défense de Paris. Figurez-vous que c’est elle qui a donné son nom au quartier ! Inaugurée le 12 octobre 1883, elle commémore la défense de Paris contre les Prussiens en 1871. Regardez la jeune fille au dos, prostrée, c’est une allégorie des souffrances qu’a connu la population à cette époque. Déplacée plusieurs fois, la statue est cependant restée à chaque fois dans l’axe de la plus belle avenue du monde, les Champs-Élysées. Dans cette perspective unique, on aperçoit d’un côté l’arc de Triomphe, et de l’autre côté, en face d’elle, la Grande Arche.

L’anecdote en plus : jetez un œil à la tour Légende (ancienne tour EDF), située près de la statue. elle fut réalisée par Ieoh Ming Peï… Le nom vous rappelle quelque chose ? C’est en effet l’architecte à qui l’on doit la Pyramide du Louvre ! La tour vous semble immense par rapport aux autres gratte-ciels du quartier d’affaires ? Bingo : son sommet est de la même hauteur que celui de la Grande Arche.

Face à la statue, vous apercevez la fontaine de mosaïque. Repartez vers l’Araignée Rouge, contournez les travaux pour arriver aux balustrades au pied de la tour Légende (ancienne tour EDF) qui donnent vue sur la cascade de la Fontaine monumentale.

Fermez les yeux un instant, concentrez-vous…. votre vélo devient une gondole, bienvenue à Venise ! Perdez-vous dans les 86 nuances de couleurs de pâte de verre qui composent cette fontaine. Son originalité réside dans son système de propulsion quasi unique au monde : des effets « boules » d’eau dans le ciel. L’eau se jette ensuite dans une cascade de sept mètres de haut qui se déverse Place de la Défense. De quoi ravir petits et grands l’été !

 

Suivez la ligne verte qui descend sur quelques mètres ; en restant toujours dans l’axe de la Défense, elle vous fait éviter les escaliers et vous mène jusqu’au banc public géant. Besoin d’une pause ? Devenez à la fois œuvre d’art et artiste en vous y asseyant ! De votre trône, profitez de la vue sur le bassin réalisé par Vassilakis Panayotis et de ses 49 feux lumineux multicolores dissimulés dans l’eau. Détail amusant : les signaux lumineux marquent l’entrée et la sortie de La Défense comme les phares d’un port la nuit.

 

Suffisamment reposé.e ? Pause terminée ? Suivez la ligne verte au sol qui vous mène à gauche du bassin, pour prendre ensuite la pente douce jusqu’à la passerelle de l’Aigle. Prenez cette passerelle pour rouler sur le pont de Neuilly. De l’autre côté du pont, suivez la piste cyclable sur l’avenue Charles de Gaulle, jusqu’au rond-point de la fontaine de Madrid. N’hésitez pas à traverser à pied aux passages piétons ! Passez devant une première station Vélib’ qui se trouve de l’autre côté du rond-point, elle est souvent pleine, poursuivez encore 300 mètres sur l’avenue Charles de Gaulle pour déposer votre vélo à la station Vélib’ 22008 (Charles de Gaulle – Graviers).

 

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