Sur les traces de la Môme de Paname

Après vous avoir révélé certaines anecdotes sur la vie d’Edith Piaf nous ne souhaitions pas nous arrêter en si bon chemin : alors suivez-nous pour une balade à travers le temps et sur les lieux où la chanteuse de “La vie en rose” a vécu, aimé et chanté…

 

Une enfance difficile à Ménilmontant

Commençons notre balade au 72 rue de Belleville. Une plaque apposée sur l’immeuble indique qu’Edith Piaf serait née ici. La légende ajoute même qu’elle vit le jour sur les marches du perron, directement sur la pelisse d’un agent de police… mais que nenni ! Nous y reviendrons plus tard…

Rendez-vous ensuite au 91 rue Rebeval où Edith vécut chez sa grand-mère maternelle, Emma Saïd, dès l’âge de trois mois, après avoir été abandonnée par sa mère, Line Marsa, elle aussi chanteuse des rues à la tendance nomade et alcoolique. A son sujet, Arletty disait “C’était pas la mère qui avait la voix de la fille, c’était la fille qui avait la voix de la mère”.

Pendant ce temps, la petite Edith grandit dans cet appartement, livrée à elle-même – son père la retrouvera à la fin de la Grande Guerre, couverte de poux et famélique. Il la placera ensuite chez sa propre mère, mère maquerelle d’une maison close en Normandie.

Continuez votre chemin et passez devant l’église Saint-Jean-Baptiste de Belleville au 139 rue de Belleville : la petite Edith y sera baptisée le 15 décembre 1917.

Filez au 105 rue Orfila : en 1930, tout juste âgée de quinze ans, Edith y prend une chambre avec Simone Berteaut à l’hôtel Avenir. Toutes deux continuent de courir les rues et d’y chanter pour gagner de quoi vivre et manger.

Nous terminons la première partie de cette balade devant l’hôpital Tenon, au 4 rue de la Chine – là où naît Edith Piaf le 19 décembre 1915…

Stations Vélib’ : station n°19041 – Belleville – Pyrénées
& station n°20023 – Pelleport Belgrand

©Aleksandr Zykov 72 Rue de Belleville, Paris June 2010, photo retouchée.

 

D’aventure en aventure à Montmartre

Direction le 39 avenue Junot où Edith vécut longuement au sein de ce qui fut l’ancien Hôtel Alsina… De 1936 à 1939, elle s’y installa avec Raymond Asso, parolier de génie qui lui composa ses premiers succès, des chansons qu’elle qualifia par la suite de “talismans” tellement elles eurent un impact sur son existence (Mon légionnaire, Browning, Le contrebandier…). Elle revint y vivre en 1944 avec Ivo Livi, jeune homme talentueux rencontré lors d’une audition au Moulin Rouge et qu’elle propulsa sur le devant de la scène à son tour… plus connu aujourd’hui sous son nom de scène : Yves Montand.

Filons ensuite au Grand Hôtel de Clermont, situé au 18 rue Véron. Edith y séjourna deux fois : la première en 1929, tout juste âgée de 14 ans, quand elle débutait son aventure de chanteuse de rue entre Ménilmontant et Pigalle et y prit une chambre pour elle et “Momone”. La seconde en 1948 où un certain Marcel Cerdan, s’entraînant dans une salle de boxe voisine, y couchait également… Elle emmena régulièrement ce dernier à la Cloche d’Or (3 rue Mansart) pendant son séjour entre 1948 et 1949. La Cloche d’Or était alors le repaire de bon nombre d’artistes : Boris Vian, les comédiens Jean Gabin et Lino Ventura…

Arrêtons-nous encore au Casino de Paris (16 rue de Clichy), où elle y interprètera certaines de ses chansons entre 1941 et 1943 comme “C’était la première fois” ou “Moi je sais qu’on se reverra”.

Enfin, nous ne pouvions pas évoquer Piaf sans parler de l’Olympia (28 boulevard des Capucines) : elle y donna un nombre incalculable de représentations, au point d’en faire sa salle fétiche. Liée par une profonde amitié à son fondateur, Bruno Coquatrix, Edith Piaf se vit même réserver la salle deux mois en 1958 et trois en 1961… Elle y chante pour la dernière fois le 27 septembre 1962 et y interprète “A quoi ça sert l’amour”.

Stations Vélib’ : station n°18017 – Caulaincourt – Place Constantin Pecqueur
& station n°9034 – Godot de Mauroy – Madeleine

©www.theatreinparis.com/images/articles/2017-06-09/edith-piaf-olympia-paris.jpg

 

La vie en rose dans l’Ouest de Paris

Rendez-vous à l’angle de la rue Troyon et de l’avenue Mac-Mahon pour découvrir le lieu emblématique où le destin de la Môme bascula précisément un jour d’automne 1935. Hasard ou non, elle chantait alors une chanson de Fréhel évoquant la misère quand elle fut découverte : “J’aurai préféré malgré tout, / Au lieu d’une poisse, / Un homme qui m’eût aimée d’amour / Pour avec lui finir mes jours / Dans un nid chaud, / Comme un moineau !”.

Arrêt suivant au 252 rue du Faubourg Saint-Honoré, devant la fameuse Salle Pleyel : c’est ici qu’Edith remontera sur les planches mi-mars 1950, après la mort de Marcel Cerdan, son grand amour, survenue en décembre 1949.

Fini, la misère des rues du début de son existence ! La Môme goûte au luxe et aime particulièrement passer du temps au Fouquet’s (99 avenue des Champs-Elysées), au point d’y avoir même sa table attitrée !

Mais avant les dîners dans des hôtels, revenons au moment où la vie d’Edith bascule : direction le 54 rue Pierre Charron. C’est ici qu’elle chante après s’être fait repérer par Louis Leplée rue Troyon, dans son cabaret,le très chic Gerny’s. Louis fut d’ailleurs celui qui lui trouva son nom d’artiste : Piaf.

Dernière étape de ce pan de la vie d’une icône française : le fameux Boeuf sur le Toit au 34 rue du Colisée, restaurant où elle avait également ses quartiers.

Stations Vélib’ : station n°17046 – Mac-Mahon – Brey
& station n°8050 – Boétie – Ponthieu

©Sophiecharra1 Bar de l’Escadrille – Fouquet’s Paris, photo retouchée.