La Coulée Verte, un chemin de fer et de plumes

Un ancien chemin de fer bordé d’arbres, des pelouses où se reposer, le parfum des fleurs qui embaume des chemins encore habités par de drôles d’oiseaux … qui a dit que la ville n’avait plus de surprises à nous réserver ?

Avant de nous lancer dans cette balade de fer et de plumes, faisons un détour par le cimetière du Montparnasse et retrouvons-nous devant les tombes d’illustres parisiens : Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, Charles Baudelaire, Guy de Maupassant ou encore Serge Gainsbourg.

Le saviez-vous ?  La rue Emile-Richard qui coupe le cimetière en deux est la seule rue de toute la capitale n’ayant aucun locataire vivant !

Départ : Départ Station n°14002 Edgar Quinet –Raspail (dos à la Tour Montparnasse)

La Place de Séoul : le rosier caché

Une place circulaire cachant un rosier en pleine floraison, quoi de mieux pour débuter notre balade et nous laisser surprendre en douceur par Mère Nature ? Miroir à ciel ouvert, la magnifique façade de verre imaginée en 1985 par l’architecte espagnol Ricardo Bofill nous encercle, parfaits remparts pour cette place – petit bijou architectural – à l’ombre de la tour Montparnasse.

L’Église Notre-Dame du Travail : ne vous fiez pas aux apparences

De l’extérieur, rien ne laisse présager l’architecture unique que l’on découvre à l’intérieur : Notre-Dame du travail possède une armature métallique impressionnante qui rappelle l’univers industriel. En effet, construite entre 1897 et 1902, cette église est alors destinée aux ouvriers du 14e arrondissement qui ont travaillé sur les bâtiments des Expositions Universelles. Elle abrite également de très belles peintures reproduisant différents métiers et leurs saints patrons.

À partir d’ici, le chemin est composé uniquement de pistes cyclables jusqu’à l’arrivée.

La Gare de la petite ceinture

Avant de sortir de Paris, vous croiserez une ancienne gare de la Petite ceinture. Cette ligne ouverte à partir de 1852 faisait le tour de la capitale, reliant les différentes gares parisiennes pour les trains de marchandises puis pour des trains transportant des voyageurs. Aujourd’hui désaffectée, elle a été réhabilitée et plusieurs tronçons sont désormais ouverts aux promeneurs.

Malakoff : comme un air de village aux portes de Paris

Paris se trouve désormais derrière nous et nous dévalons les rues pavées de Malakoff, ville qui tient son nom du siège de la défense des Russes qui tomba aux mains des Français après une lutte acharnée près de Sébastopol. Pour célébrer la prise de cette tour et la victoire des troupes françaises pendant la guerre de Crimée, une reconstitution de cette dernière fut inaugurée au cœur du nouveau village en 1855.

Cette tour faisait la renommée du cabaret “À la tour de Malakoff” qui, à l’instar des autres guinguettes, était à l’extérieur de Paris afin d’éviter de s’acquitter de la taxe perçue par la capitale sur la vente d’alcool.

Un nouveau détour nous dévoile cette fois le fort de Vanves, l’un des bastions de la défense parisienne qui entourait Paris pour assurer sa protection en cas de siège. Aujourd’hui encore, il est utilisé par les services secrets de la Défense… Photos interdites !

De l’art à chaque pan de mur

En chemin, le mur de soutènement du TGV Atlantique se dresse. On y découvre des sculptures intégrées, notamment « les bâtisseurs », œuvre d’art urbaine réalisée à la fin des années 1980 par Yvette Vincent-Alleaume, composée de céramiques rouges et bleues, suivie par une dizaine de silhouettes en aluminium d’Olivier Descamps qui reproduisent toutes les étapes du lancer de poids et de disque. Leur succède la « Promenade dans un musée imaginaire » de Béatrice Casadesus, qui rend hommage à des « citations » d’œuvres picturales, recomposées telles des images informatisées, par des trames de petits carrés de céramique.

La Promenade départementale des Vallons de la Bièvre, ou tout simplement la Coulée Verte du sud parisien

La Coulée Verte mais quèsaco ? C’est une voie qui fut aménagée à l’origine pour la ligne de chemin de fer reliant Paris à Chartres. La Première Guerre Mondiale, puis le coût exorbitant des travaux auront raison de ce projet pour le bonheur des cyclistes voulant quitter Paris par ce couloir de verdure. Elle relie ainsi les villes de Châtillon, Bagneux et Fontenay-aux-Roses.

Hallucinations sur fond tropical ?

Pas de panique, si vous entendez des cris d’oiseaux qui ne vous sont pas familiers, tout va bien, vous venez certainement de croiser des perruches à collier. Ces volatiles verts, originaires des tropiques, sont les descendants d’oiseaux qui se sont échappés d’une cargaison de l’aéroport d’Orly dans les années 1970. Depuis, la colonie s’est très bien acclimatée à son nouvel habitat et charme désormais les passants les plus observateurs.

Le Parc de Sceaux, le charme unique de Le Nôtre

Enfin arrivés, nous nous installons dans ce parc magnifique.  Idéal pour profiter d’un pique-nique (amplement mérité), ce jardin à la française, joyau du domaine de Colbert, fut dessiné par André Le Nôtre à la fin du XVIIe siècle à la demande de ce dernier puis poursuivi par son fils le marquis de Seignelay. Si le château tel qu’il était à l’époque de Colbert fut détruit lors de la Révolution française pour en revendre les matériaux, celui qui le remplace actuellement a été construit en 1856. Depuis 1937, il accueille les collections du musée de l’Île-de-France, et fut rebaptisé en 2013 « Musée du Domaine Départemental de Sceaux ».

N’hésitez pas à faire aussi un tour dans le centre-ville où se trouve la borne Vélib’, perdez-vous dans ses petites rues, vous y découvrirez une agréable atmosphère de village.

Arrivée : Station n°23302 Parc de Sceaux -Centre-Ville